Haute tension

Publié le par Odicele

                                                                
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Alexandre Aja
, qui es-tu? Un OVNI ? Un astronaute dans le paysage des films français d’horreur-gore? Un Robinson Crusoé sur une île déserte ou presque? Je pensais que ce genre était réservé aux américains, que seuls, ceux-ci, possédaient les gènes « horreur-gore ». Et bien non ! Les gènes tels des pistils ont traversé un océan et sont venus se déposer en France et les fleurs éclosent sont belles.
 

 

Haute tension, de prime abord, on pense, centrale électrique, files électriques, lignes à haute tension… Le décor suggéré par le titre semble tout indiqué. A des lieues de ces associations de pensée faciles, le décor du film est tout autre, une ferme isolée en rase campagne. Les deux personnages principaux féminins, Marie (Cécile de France) et Alexia (Maïwenn), amies et camarades d’études sont venues volontairement s’isoler chez les parents d’Alexia, le temps d’un week-end, pour faire des révisions. A la tombée de la nuit, le week-end se transforme en cauchemar lorsqu’un homme vient frapper à la porte de la maison endormie… Nous sommes donc très loin de la ville et de sa toile filaire. D’ailleurs, l’impossibilité de contacter le monde extérieur revient souvent tout au long de l’intrigue. A l’ère du téléphone portable, cela semble impensable et l’angoisse monte. 

 

Haute tension, ce doit être finalement pour hypertension, lorsque le pouls s’accélère, lorsque les membres se raidissent et la respiration se fait plus courte. Voici la vraie signification de son titre qui porte en lui un genre. 

 

Tous les ingrédients sont là : une maison isolée, des étudiantes innocentes, des prémonitions, un tueur sorti de nulle part aux motivations obscures et inhumaines et bien sur de l’hémoglobine. 

 

L’ingrédient, le plus convaincant, c’est le tueur. Très bien casté, Philippe Nahon qui l’interprète est parfait. Sa silhouette, son physique et son jeu sont sur mesure. Il est repoussant et à l’air abject. De plus, les séquences où il apparaît en tant que point de vue, sans pour autant que le spectateur voit ce qu‘il voit, ont été particulièrement bien soignées. Les mouvements de caméra, les plans, la musique, le bruitage participent à la sensation que Marie est traquée et courre un danger de tous les instants. Le tueur porte une casquette qui met une ombre sur une partie de son visage, il apparaît ainsi inquiétant et l’expression de son visage insaisissable. Il est soit filmé de plein pied dans des angles qui augmentent sa stature, soit filmé resserré sur son visage, dont le haut de la tête jusqu’aux yeux est coupé. Cela génère une frustration de la part du spectateur qui a du mal à identifier l’ennemi. Cet ennemi insaisissable, incompréhensible augmente son angoisse. Alexandre Aja en fait un chasseur, qui calcule tout froidement, un chasseur embusqué prêt à bondir de derrière sa casquette, de l’écran qui le confine malgré tout. Il crée ainsi une certaine distance comme pour dire que ce personnage est un archétype, voire factice. Les points de vue, on le comprendra à la fin sont d’une extrême importance. 

 

Du sang, il y en a, des membres sectionnés aussi. Rien ne nous est épargné, entre suggestion et démonstration.

De plus, la personnalité des personnages est suffisamment exploitée, des indices par-ci par-là, pour donner une crédibilité au scénario. 

 

La peur, la crasse et l’abandon dans lesquels sont plongées les deux jeunes filles nous collent à la peau comme une pluie fine et moite.  


France, 2003.
Réalisation : Alexandre Aja. Scénario : Alexandre Aja et Grégory Leasseur. Avec : Cécile de France, Maïwenn, Philippe Nahon. Durée : 1h35mn.

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Anne-Sophie 17/05/2007 13:01

Franchement... je crois être trop fleur bleue...
Merci quand même !

Anne-Sophie 15/05/2007 17:08

Congratulations pour ce nouveau billet ! Bon tu te doutes, ce genre de film n'est vraiment pas ma tasse de thé, mais tu me donnerais presque envie de le voir !

Odicele 15/05/2007 21:53

Une fan parmi les non aficionados de l'horreur, c'est un bon début, c'est encourageant. Je te conseille tout de même si tu n'affectionnes pas le genre et que tu souhaites voir ce film de te munir de grands doigts pour cacher ton visage et tes yeux avec. Ame sensible s'abstenir. En revanche, si tu souhaites des conseils de film d'horreur plus soft pour commencer ton initiation, n'hésites à à me demander.