Tout ira bien

Publié le par Odicele

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Petit coup de cœur pour ce film allemand qui nous parle avec beaucoup de tendresse et d’humour de la difficulté parfois de s‘insérer professionnellement.  


C’est l’histoire d’un chômeur, Marcel, une quarantaine d’années, dont la petite entreprise ne marche plus. Sa femme l’a quitté quelques années auparavant et il rêve de devenir garde du corps. Son quotidien est bouleversé lorsque son fils de quinze ans, Sébastian, débarque pour habiter avec lui. Que va-t-il bien pouvoir apporter à ce grand garçon déjà très autonome? Sera-t-il capable d’être un bon père? Sébastien va tout faire pour aider son père à se relever et les rôles vont s‘inverser.  


Ce premier long métrage pour le réalisateur, Robert Thalheim, est une peinture sociale d’une certaine Allemagne qui ne s’est pas remise de la chute du mur de Berlin, qui ne s’est pas adaptée à la réunification et qui subit encore le choc des régimes.
Dans le cas de Marcel, certain parlerait d’accidenté de la vie. Que peuvent comprendre les capitalistes d’aujourd'hui pour qui les échecs ne sont affaire que de volonté? La réalité est bien plus complexe. C’est-ce que nous démontre avec brio ce réalisateur. 


Ce film nous rappelle aussi que les émotions ne sont pas liées au budget d’une production. Celui-ci a en effet été tourné avec 3000 euros. Nous sommes loin du record de Spiderman 3 qui atteind les 300M$. Comme on ne peut comparer que ce qui est comparable, nous ne rentrerons pas dans une polémique inutile, nous nous contenterons d‘être admiratif. D’autres aspects du tournage nous forcent le respect. L’équipe très réduite n’a eu que 17 jours pour tourner, qui plus est en caméra DV. Les comédiens n’ont pas été payés. Le scénario n’était pas vraiment écrit lorsque le réalisateur a contacté son comédien principal, Milan Peschel, qui interprète Marcel. Enfin, les scènes qui constituent le scénario sont donc pour une bonne part des improvisations.  


On comprendra mieux pourquoi le grain de l’image n’est pas très beau, pourquoi la caméra bouge beaucoup, pourquoi le point n’est pas fait… On pardonnera, car ce côté, film documentaire, tourné à l’épaule, nous permet d’être au plus proche de nos personnages, de leur vérité criarde.  


Je vais peut-être même me mettre à la country allemande, qui est le décor sonore de cette comédie dramatique, qui sait être drôle avec justesse, même lorsque la situation est pathétique.


Réalisateur à suivre, son second long,"Et puis les touristes", est présenté au Festival de Cannes 2007 dans la catégorie Un Certain Regard.
    

 

Allemagne, 2004. Réalisation : RobertThalheim. Scénario : RobertThalheim. Avec : Milan Peschel, Sebastian Butz, Stéphanie Charlotta Koetz, Christina Grosse. Durée : 1h27mn.

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Anne-Sophie 21/05/2007 21:13

Bonsoir Céline,

je suis complètement bluffée par cette histoire du tournage... En le voyant, j'étais un peu gênée par la qualité de l'image, les plans pas toujours soignés... On comprend pourquoi. Ils sont sacrément engagés ces acteurs qui acceptent de tourner bénévolement !
Et l'histoire de cette famille paumée n'en est que plus touchante...

Odicele 22/05/2007 01:01

Bonsoir Anne-Sophie, et oui les conditions de production et de tournage de ce film sont incroyables. Le film est sorti mercredi dernier en salle en france, hors il date de 2004. Il a longtemps tourné dans des festivales avant de venir jusquà nous. Je me demande s'il ne profite pas de la présentation du second long métrage du réalisateur au Festival de Cannes de cette année, pour être dévoilé. Tant mieux !