La Disparue de Deauville

Publié le par Odicele

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Hier soir, lors de l’avant-première à l’UGC Ciné Cité Les Halles, une bonne partie de l’équipe du film est présente. C’est une Sophie Marceau, toute mignonne, qui apparaît, souriante, enthousiaste. La voix très essoufflée, on ne voit pas bien pourquoi, elle remercie les spectateurs d’être là et célèbre l’Envie. Quelques comédiens font leur entrée, entre autres : Simon Abkarian, Marilou Berry et Christophe Lambert. La présentation est consensuelle.



Le film débute : Le directeur d’un hôtel de luxe disparaît, il est retrouvé très rapidement mort sur une plage. L’enquête est vite bouclée mais un inspecteur, un peu paumé, décide de poursuivre de son côté. Il est troublé par sa rencontre furtive avec une femme qui ressemble étrangement à une actrice décédée 30 ans auparavant et qui plus est, fut la femme du directeur de l’hôtel.



Lors d’une interview, Sophie Marceau déclare : « La scène de poursuite, j’aurais pu vous en mettre beaucoup plus mais on m’a dit que c’était beaucoup trop donc fallait arrêter. Moi, j‘adore ça. Plus il y a de trucs, de carambolages(….). C’est vrai qu’il faut garder un esprit, les gens n’aiment pas tellement être déroutés. On les met sur une ligne, si on les met soudain sur une autre…Moi je ne suis pas réfractaire à ça. » Le ton est donné. D’une part, Sophie Marceau signe un policier aux allures par moment de film d’action musclé, d’autre part elle se risque en effet de dérouter son spectateur.



Sophie Marceau s’est fait plaisir avec cette scène de course poursuite en voiture qui est davantage un exercice de style qu’une scène qui apporte quelque chose à l’intrigue. Elle apporte une pause récréative, qui personnellement m’a révoltée. Je l’ai trouvée absurde et ridiculisant, voire déresponsabilisant le métier de policier. Je sais bien que parfois, ceux qui ont une voiture de fonction avec un gyrophare ont l’air d’en abuser, enfin quand même, la vraisemblance est loin d’être respectée.
Elle réussit bien mieux la course poursuite sur les toits de l’hôtel entre l’inspecteur Jacques et le fantôme de l’actrice.



L’intrigue de ce policier se veut une intrigue à la Hitchcock, faisant appel à des ressorts comme : une histoire familiale complexe, des non-dits, des personnalités à la psychologie perverse, dérangée. Dommage que Sophie ait versée dans le pastiche. Ses personnages restent tout de même touchants. Ils sont remarquablement interprétés par des acteurs qui donnent beaucoup. Je pense notamment à Nicolas Briançon et Simon Abkarian.



Sophie, tu m’as divertit, c’est déjà pas mal. La prochaine fois, ne réalises pas en te disant, je vais y mettre tout ce que j’aime mais, j’utilise tel effet parce que là il sert le film.



Au moment du générique, des spectateurs à côté de moi dans la salle se sont exclamés: « Elle ne serait pas un peu égocentrique Sophie. Qu’est-ce qu’elle s’aime! Elle sait se filmer et se mettre en valeur. Il y en a que pour elle. » J’ai été surprise parce que pour ma part, je n’ai pas été dérangée par ses apparitions obsessionnelles, inscrits dans le scénario.



Pour finir, Sophie s’est exprimée. L‘actrice n‘est pas qu‘une femme fatale, une chimère, elle est une femme avant tout. Ce message un peu simpliste et entendu est défendu avec douceur.



France, 2007.
Réalisation : Sophie Marceau. Scénario : Sophie Marceau, Gianguido Spinelli, Jacques Deschamps. Avec : Sophie Marceau, Christophe Lambert, Marilou Berry, Simon Abkarian, Nicolas Briançon, Robert Hossein, Marie-Christine Barrault. Durée : 1H40mn.

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