Le Scaphandre et le papillon

Publié le par Odicele

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Présenté en Compétition Officielle au Festival de Cannes 2007, Le Scaphandre et le papillon a été récompensé du Prix de la mise en scène, décerné à Julian Schnabel. 


Réalisateur et peintre américain, Julian Schnabel s’est entouré d’une distribution française pour adapter le livre de Jean-Dominique Bauby, Le scaphandre et le papillon.  


Le Scaphandre et le papillon, c’est le témoignage d’un homme dont la vie bascule à la suite d’un accident vasculaire cérébral. D’homme passionné à la vie professionnelle accomplie, il devient légume, un légume bien particulier. Tout son corps est paralysé, de la tête au pied, à l’exception de son œil gauche et de son esprit. Dans sa nouvelle condition d’homme prisonnier de son corps, d’astronaute à la dérive dans l’espace, Jean-Domnique Bauby, s’accroche à son œil valide, dernière lucarne sur le monde, dont les battements sont le seul moyen de communication avec les autres. 


Mathieu Amalric incarne avec talent Jean-Dominique Bauby. Il est ce corps inerte, cet œil en alerte, cette voix intérieure qui, elle, n’a jamais cessée de parler. Cela n’a pas du être évident de ne pas tomber dans la caricature et on pense tout de suite à d‘autres interprétations de talent comme celle Ton Cruise dans Rainman ou celle de Tom Hanks dans Forest Gump. Dans un entretient avec Télérama, il raconte : « j’avais peur d’être un guignol (…) j’ai rencontré des proches de Jean-Dominique Bauby, et le personnel de l’hôpital de Berck, où il a passé un an et demi (…). Ces gens qui l’avaient côtoyé étaient ma boussole : ils savaient si j’étais crédible ou grotesque. » La carrière de Mathieu Amalric tourne une nouvelle page. Il n’a pas fini d’être comédien, lui qui se voudrait plutôt réalisateur. 



Julian Schnabel peut se féliciter de deux parti pris importants : le casting et le point de vue. En effet, tout d’abord, la décision de tourner avec des comédiens français permet un grand réalisme et a permis d’ouvrir les portes de l’hôpital de Berck, décor indispensable au drame. Ensuite, choisir l’œil de Jean-Dominique comme principal angle du film immerge le spectateur dans la peau de celui-ci et permet une meilleure appréciation de ce qu’il vit et ressent. 


Julian Schnabel s’est réapproprié cette histoire vraie en images avec beaucoup de justesse et de poésie. Tout n’est pas conforme à la réalité sur des petits détails, en revanche il a respecté le ton de Jean-Domique, qui dans son roman reste malgré le coup du sort plein d’humour et de vie. Le travail de scénariste effectué par Ronald Harwood (Le Pianiste) est remarquable. 
Quand Jean-Dominique Bauby écrit dans son roman : «  La pièce raconte les aventures de Monsieur L. dans l’univers médical et les rapports qu’il entretient avec sa femme, ses enfants, ses amis (…). Ambitieux et plutôt cynique, n’ayant pas jusque-là subit d’échecs, Monsieur L fait l’apprentissage de la détresse, voit s’effondrer toutes les certitudes dont il était bardé et découvre que ces proches sont pour lui des inconnus. On pourra suivre cette lente mutation aux premières loges grâce à un voix off reproduisant le monologue intérieur de Monsieur L. dans toutes les situations (Extrait Le scaphandre et le papillon, chapitre La voix off), Ronald Harwood et Julian Schnabel l’ont réalisé.

 

France, 2007. Réalisation : Julian Schnabel. Scénario : Ronald Harwood, d’après l’œuvre de Jean-Dominique Bauby. Avec : Mathieu Amalric, Emmanuelle Seigner, Marie-José Croze, Anne Consigny, Jean-Pierre Cassel, Emma de Caunes. Durée : 1h52mn.

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Anne-Sophie 02/06/2007 16:43

J'avais lu le livre de Bauby il y a plusieurs années, et j'avais trouvé la performance impressionnante. Le film semble terriblement émouvant et sensible. Franchirai-je le pas ? Pour Alkmaric, toujours très bon, sûrement. Te souviens-tu de lui dans Rois et Reine ?