Boulevard de la mort

Publié le par Odicele

boulevard-de-la-mort2.jpgboulevard-de-la-mort3.jpgBoulevard de la mort est le 1er volet d’un diptyque, qui rend hommage aux films de series B des années 70 et aux systèmes d’exploitation Grindhouse de l’époque.


Qu’est-ce que les systèmes d’exploitation Grindhouse ? Ce sont des salles, qui dans les années 70, aux Etats-Unis, projetaient des doubles programmes entrecoupés de bandes annonces.


« Deathproof », titre original de Boulevard de la mort, de Quentin Tarantino devait au départ être accompagné du film de Robert Rodriguez, Planet Terror, entrecoupés de fausses bandes annonces. La programmation des deux films en un n’a été réalisée qu’aux Etats-Unis, au Canada, en Angleterre et en Australie. Les films sortent distinctement dans les pays non-anglophones. En ce qui nous concerne, le film de Robert Rodriguez sera sur les écrans dans quelques temps. 
Les producteurs expliquent ce choix par la durée du projet initial, jugé trop long (3H11) pour un public non initié et par un mauvais démarrage du film intégral. Comme les 2 films étaient exploités tels un film unique, les entrées étaient uniques. En les exploitants séparément, ils espèrent un meilleur accueil et par la même une meilleure rentabilité.


La volonté de rendre hommage à ces programmes des années 70 étant l’idée de départ et la forme choisie par nos deux réalisateurs associés sur ce projet, nous ne serons donc pas étonnés de retrouver dans cette 1ère partie, un aspect vintage. Cela se matérialise par un grain particulier de l’image, des sautes de pellicules, la présence d’objets vintage (jukebox, voitures des mêmes années…).
Une séquence du film qui se situe au milieu et qui fait figure d’introduction à une seconde partie de l’intrigue, est en noir et blanc. Le passage de cette séquence en noir et blanc à la suite en couleur produit un effet très contrastant. Tout nous apparaît sous une lumière différente, et pour cause. Les visages, les vêtements, le décor changent. L’action du film se passe bien aujourd’hui, en atteste la présence de téléphone portable hi-tech et pourtant nous ne savons plus toujours à quel époque se situe l'action.
 

Tarantino s’amuse avec les codes du genre de l’époque, les clins d’œil, avec les codes des genres cinématographiques tout court. Lorsqu’il nous montre les pieds et la jambe de Jungle Julia à plusieurs reprises, on sent bien qu’il va leur arriver quelque chose. Scénariste de talent, il joue avec nous.
Même si ce film est un thriller qui s’apparente par moment à un film d’horreur gore, le psychopathe joué par Kurt Russel est le seul à camper son rôle de méchant (qui fait aussi froid dans le dos que Rutger Hauer, interprète de l’auto stoppeur fou de Hitcher, version 1986). Les autres personnages, essentiellement des femmes ne sont pas les ingénues, adolescentes et inconscientes de Scream.


Ce volet est jubilatoire. Les corps féminins sont filmés avec beaucoup de sensualité et corps. Ils semblent prendre tout l’espace et sont véritablement incarnés comme des personnages à part entière auxquels on s’attache. Les dialogues sont excellents, percutants et bourrés d’humour. Et bien sur, je ne mentionne pas la B.O….


Certaines scènes peuvent heurter la sensibilité de certains spectateurs, la violence et le sang étant des ingrédients incontournables des films de Tarantino. Ici, plus d’angoisse que de gore mais quand même…
Un petit bémol : la dernière séquence, un acte de violence de trop, à mon goût, complètement gratuit et immoral.
 


Etat-Unis, 2007.
Réalisation : Quentin Tarantino. Scénario : Quentin Tarantino. Avec : Kurt Russel, Rose McGowan, Zoe Bell, Rosario Dawson, Vanessa Ferlito, Tracie Thoms, Sydney Tamiia Poitier. Durée : 1h50mn.

Publié dans Les autres

Commenter cet article