Roman de gare

Publié le par Odicele

18768958-w434-h589-q80.jpgMardi 19 juin, à l’UGC Ciné Cité les Halles, Claude Lelouch et une partie de l’équipe du film sont venus nous présenter Roman de gare, 41e film du réalisateur. Présents à ses côtés : Dominique Pinon, Audrey Dana, Zinedine Soualem, Boris Venture Diaz pour les acteurs, Alex Jaffrey le compositeur, le monteur et son assistante. Claude Lelouch a expressément demandé aux spectateurs de cette séance de rester discret quand au contenu du film et sur son dénouement. Je vais essayer de ne rien dévoiler car effectivement, le film repose beaucoup sur l’identité d’une personne, qui nous est révélée à la fin. Ce serait dommage de gâcher le suspense de cette fiction et du même coup votre plaisir.


J’ai eu l’impression que Claude Lelouch se faisait du soucis pour l’accueil de Roman de gare et cela peut s’expliquer par l‘échec de son dernier film Le Courage d’Aimer. Qu’il ne s‘en fasse pas de trop car Roman de gare est plutôt réussit.


Une intrigue policière simple et efficace : Une romancière, Judith Ralitzer est suspectée d’un double meurtre. Elle entreprend de raconter au policier qui l’interroge comment elle a rencontré les victimes. Ellipse. Nous nous retrouvons sur une aire d’autoroute. Un homme prend sous son aile une femme, larguée par son petit ami. Mais qui est-il ? Un professeur qui vient d’abandonner le domicile conjugal comme il le prétend ou un dangereux psychopathe sexuel qui vient de s’échapper de prison?


Tour à tour angoissant et comique, Roman de gare joue avec les émotions et les genres. Il se plait à semer le doute dans l’esprit du spectateur : Qui est qui ? Qui a fait quoi ? Qui va faire quoi ? Les procédés utilisés sont les suivants : La présentation des personnages est floue. Ce sont les personnages qui se présentent eux-mêmes tout au long de l’intrigue. Ils disent d’eux ce qu’ils veulent bien dire. Le mystère plane sur les identités et les motivations. Claude Lelouche pratique une mise en scène elliptique, volontairement fragmentaire. Il suggère aussi beaucoup et le spectateur imagine et remplit les vides.


Roman de gare
est une poupée russe. Je ne vous en dis pas plus.


J’ajouterais juste que le dénouement tarde à venir à mon goût, un ou deux rebondissements de trop. Enfin, le plaisir et l’envie de savoir nous attache à notre fauteuil, comme un bon polar nous rendrait avide de sa fin.


Les acteurs sont formidables. Bravo à Audrey Dana, une découverte qui joue à merveille l'ingénue et bravo à Zinedine Soualem qui nous offre une jolie scène dans le commissariat,réaliste et pathétique sur la maladresse.      


France, 2007.
Réalisation : Claude Lelouch. Scénario : Claude Lelouch et Pierre Ulytterhoeven. Avec : Dominique Pinon, Fanny Ardant, Audrey Dana, Zinedine Soualem, Myriam Boyer, Michèle Bernier. Durée : 1h43mn.

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Seb 20/07/2007 02:17

Je suis donc allé le voir avec ma miss Bourgoin.
Et bien, j'ai beaucoup aimé toute la première partie.
Dommage qu'il en fasse trop à la fin, Lelouch ne peut pas s'empêcher d'en faire des tonnes, ce n'est plus crédible.
Mais à voir tout de même, c'est pas mal.

Odicele 21/07/2007 01:19

Il faudra m'expliquer le pourquoi du comment de miss Bourgoin, parce que j'étais persuadée que tu étais avec une miss Bigouden plutot...?C'est vrai que la fin de roman de gare est très foisonnante, ses personnages sont tellement mystérieux et doubles de part leur vraie identité et celle qu'ils s'improvisent, qi'il a fallu démeller tout ça et je crois que claude lelouch n'a pas su se résigner à choisir... Une petite faiblesse

Anne-Sophie 05/07/2007 09:25

Je suis allée voir le film hier soir. J'ai vraiment été séduite pas la 1ère partie, en revanche, le dénouement est long et lourd. Le réalisateur s'applique "trop scolairement" à dénouer tous les fils en s'appliquant à montrer toutes les étapes. Tandis que la grande majorité du film est rythmée, dynamique, pleine de suspens, la fin est plate et molle.

Le sujet, comme tu t'en doutes, m'a passionné !

Encore un bémol : le fait de faire d'un nègre une sorte de pauvre type, laid, sale, mal rasé, était un peu trop... Et la fin, me semble par conséquent moyennement crédible.

Odicele 07/07/2007 00:19

En effet, la deuxième partie est moins bien réussie que la première. Beaucoup de noeuds à dénouer et Claude Lelouch ne semble vouloir en abandonner aucun. Il exploite tout, peut-être un peu trop mais ça ne gache pas le plaisir. Je me suis même demandée si ce n'était pas une façon de mimer le sujet même de son film, l'écriture, la litterature, qui rentre plus, elle, dans les détails...? En ce qui concerne le personnage joué par Pinon, je ne l'ai pas vu comme ça et la fin ne m'a pas dérangée du coup. Là encore, je pense qu'il y a un certain rapport avec la litterature et un certain genre...

Seb 30/06/2007 11:22

J'avais vu son précédent film, sorti en 2 versions :
1. Les Parisiens
http://www.musiqueonly.com/disques/musiques_de_films/compositeurs/francis_lai/photos/les_parisiens_.jpg

2. Le courage d'aimer
http://www.musiqueonly.com/disques/musiques_de_films/compositeurs/francis_lai/photos/le_courage_d_aimer_le_genre_humain_partie_2_heben_music.jpg

J'avais assisté à la séance gratuite des "Parisiens" qu'il avait offerte pour aider son film descendu par la critique. Finalement, ça n'avait pas marché et il avait fait un nouveau montage. Mais la nouvelle version n'avait pas marché non plus. (en clair, quand c'est pas bon, c'est pas bon).

La bande annonce de Roman de gare et ton article me donnent envie d'aller voir son nouveau film.

Odicele 03/07/2007 01:38

Seb,je n'ai pas vu les 2 films dont tu parles, heureusement vu les critiques. En revanche, j'ai vu Hommes, femmes : mode d'emploi et And now...Ladies and Gentlemen et ça m'a suffit jusqu'à Roman de gare où Claude Lelouch remonte dans mon estime, qu'il n'avait pas tout à fait perdu pusiqu'il est l'auteur d'Un Homme, une femme...Quand tu auras vu le film, tu me diras ton sentiment!