Rebecca

Publié le par Odicele

rebecca-copie-1.jpg« Rebecca » est le premier film d’Alfred Hitchcock tourné aux Etats-Unis et amorce un tournant dans sa carrière qu’on appellera sa période américaine.


Il est l’adaptation d’un best seller sorti en 1938, roman éponyme de l’auteur britannique Daphné du Maurier. Alfred Hitchcock reste fidèle à sa nation pour ce film fait à l’étranger puisqu’il adapte une compatriote et garde la situation de l’action en Angleterre.


Une jeune femme, demoiselle de compagnie, rencontre à Monte-Carlo un riche anglais, Maximilien de Winter, récemment veuf. Ils tombent rapidement amoureux et décident de se marier. Après leur lune de miel, Maxim emmène sa nouvelle femme dans sa demeure et espère bien l’y établir. Pour la jeune et frêle épouse, cette intégration ne sera pas facile. En effet, elle va devoir dans un premier temps remplir un rôle qui lui est inconnu, devenir la maîtresse de maison d’une demeure familiale socialement élevée et prestigieuse. Ensuite, elle doit faire oublier l’ancienne Madame de Winter auprès des domestiques, de la nouvelle société dans laquelle elle entre et surtout auprès de son mari. La tâche ne sera pas facile d‘autant qu’un mystère plane sur la disparition de l’ancienne Mme de Winter, à la beauté remarquable et au caractère affirmé, un personnage si éloigné d’elle.


On retrouve dans « Rebecca » quelques thèmes chers à Hitchcock : la femme fatale, la femme modeste, l’étrange confinant au fantastique, l’envoûtement, la maison comme espace dramatique fort et incarnation d’une entité.


Joan Fontaine incarne à la perfection la seconde Mme de Winter, une gentille roturière, sincère, modeste, pas encore affranchie d‘un monde qu‘elle n‘a pas côtoyé, simple dans ses manières, une douce et aimante jeune mariée. Mais attention, il ne faut pas se méprendre, cette oie blanche est prête à sortir les serres pour défendre celui qu’elle aime et qu’elle veut rendre heureux. Son jeu est très touchant et ses regards transis d’amour sont convainquants et participent à la crédibilité de ce couple inattendu. Son partenaire, Laurence Olivier, lui donne la réplique avec panache et charme. Il incarne avec nuances un homme torturé et réservé. Judith Anderson qui interprète la gouvernante peu accueillante, est inquiétante de nostalgie.


« Rebecca », référencé comme un thriller gothique, s’articule comme un conte aux multiples rebondissements. La chute semble longue à arriver lorsque le dénouement se met en place, mais elle nous réserve des surprises qui méritent notre patience.


Ce n’est certainement pas le film le plus abouti de la carrière d’Alfred Hitchcock, ni celui qui fait le plus montre de prise de libertés, ni le plus créatif mais le mystère est au rendez-vous, drapé du brouillard épais de la campagne anglaise.
Les romantiques y trouveront leur compte, les cinéphiles aussi.
 

Etats-Unis, 1940.
Réalisation : Alfred Hitchcock. Scénariste : Joan Harrison, Robert E. Sherwood.  D'après le roman : "Rebecca" de Daphne du Maurier.  Avec : Laurence Olivier, Joan Fontaine, Judith Anderson, Georges Sanders. Durée : 2h10mn.

Publié dans Les autres

Commenter cet article