Deux jours à tuer

Publié le par Odicele

Un beau jour, Antoine, la quarantaine se dit que la vie qu'il a menée jusqu'à présent est sans saveurs. Le père, mari, ami et collaborateur aimant et respecté rejette énergiquement toutes les bases concrètes de ce qui fait son quotidien : ses enfants, sa femme, ses amis et son travail. Il décide du jour au lendemain de tout quitter. Son entourage est pour le moins surpris, d'autant plus qu'Antoine repousse son entourage avec une rage et un cynisme inouïs.
Que se passe-t'il dans la tête d'Antoine ? Quel événement a modifié sa perception du quotidien? D'où vient cet accès de rejet ? Un déclic ? Le démon de midi ?

"Deux jours à tuer" nous plonge directement, sans ménagement, au moment où le personnage amorce de tout plaquer. Dans un premier temps, le spectateur croit à un coup de folie mais se rend vite compte qu'il assiste à la mise en oeuvre d'une décision réfléchie.
Ce coup de folie, qui aurait du lancer l'intrigue et donner à la situation de cassure toute son intensité n'est malheureusement pas très crédible. Non seulement, il nous est donné à voir sans y être préalablement préparés, de plus les diverses scènes de rupture qui nous sont proposées sont mises en scène avec une emphase qui laisse peu de place à l'émotion.

La première partie de ce long qui se trouve être un règlement de compte multiple avec le quotidien, est placée sous le signe d'un accès, à la forme peu convaincante. Les dialogues violents et méchants semblent être écrits pour du théâtre et sont balancées comme le seraient de longues tirades déclamatoires où l'émotion se perd à se regarder progresser.  
La soudaine attitude agressive de notre héros, qui se place en donneur de leçons est digne d'un adolescent qui chercherait à  se dédouaner du cocon familial. Quand bien même certaines de ses remises en question sont justes et poussent à la réflexion, le nombre d'évidences qu'elles soulèvent porte à l'indigestion.
La deuxième partie de "Deux jours à tuer" est plus intéressante et sensible. Notre héros a tout plaqué, il part en Ecosse rendre visite à son père. Sa brève rencontre avec un auto stoppeur est très touchante et donne du souffle à l'intrigue. A partir de cette escapade, les comédiens sont plus naturels. La relation père-fils et ses échanges sont assez savoureux.
Le dénouement  n'en reste pas moins sans surprise et sa chute tant attendue manquée.

L'intrigue de "Deux jours à tuer" est construite sur le principe de l'enquête : le spectateur tente à partir du peu d'éléments qu'il a et de l'action de découvrir les motivations d'Antoine. Le scénario lui propose d'emblée une fausse piste que le réalisteur s'ingénuera à entretenir. Cette volonté de maintenir le sectateur dans l'erreur n'apporte pas l'effet escompté. Tout juste un peu de suspense.

Si vous avez deux heures à tuer, "Deux jours à tuer" est pour vous.

"Deux jours à tuer" n'est pas très riche en émotion malgré sa volonté de l'être et deux très bons comédiens, Albert Dupontel et Marie-Josée Croze,  ici agaçants d'ennui, et malgré la présence aussi de seconds rôles, exploités d'habitude sur le petit écran, qu'on aurait eu envie de voir jouer autre chose que des personnages caricaturaux.

France, 2007. Réalisation : Jean Becker. Scénario : Eric Asoous, Jean Becker, François d'Epenoux et Jérôme Beaujour, d'après le roman éponyme de François d'Epenoux. Avec : Albert Dupontel, Marie-Josée Croze, Pierre Vaneck, Alessandra Martines, François Marthouret, Christiana Reali. Durée : 1h25mn.
 
    

Publié dans Les autres

Commenter cet article