Diary of the Dead - Chronique des morts vivants

Publié le par Odicele

Cinquième variation d’une série devenue culte qui a commencé en 1968 avec « La Nuit des morts-vivants », « Diary of the Dead » vient hanter les salles obscures pour notre plus grand plaisir et tente comme ses précédents opus de réveiller nos consciences tout en nous faisant frissonner d’horreur.
 

Étant une amatrice de films d’horreur et une inconditionnelle de Romero, c’est avec une excitation d’enfant que je me suis rendue à ma séance. Enfin ou encore, des Zombies tous frais et à l‘appétit dévorant.
  

Romero a eu une idée géniale le jour où il a mis en scène des humains trépassés, se transformant en monstres sanguinaires, des Zombies méchants qui sèment le chaos en dévorant tout ce qui leur passent sous la dent et en faisant par la même occasion de leurs victimes des bourreaux. Et oui, en effet, pour ceux qui ne le savent pas, lorsqu’un zombie vous mord, même gentiment, vous avez 100% de chance de finir Zombie à votre tour. Ainsi le nombre de Zombies croit sans cesse…


On ne sait pas d’où vient cette rage d’un genre bien spécial qui vient bouleverser l‘équilibre humain. On ne sait pas non plus comment l’arrêter d‘ailleurs. C’est-ce qui fait en partie le secret de l’effroi dans lequel nous plonge chaque nouvel épisode. Il n’y aura pas de fin à ce chaos. La résolution du problème n’est même pas soulevée. L’urgence est ailleurs, dans la survie et la dissection d’une société qui s’écroule.  


Ici, un petit groupe d’étudiants en cinéma tourne un film de genre, un film d’horreur avec des zombies, tiens donc, lorsque l’irréversible se produit. Un peu partout aux États-Unis, des cas étranges de morts revenant à la vie et qui adoptent des lors un comportement cannibale, sont déclarés. Le groupe décide d’interrompre le tournage pour retrouver leur famille et découvre en chemin l’ampleur de la catastrophe et apprend tant bien que mal à survivre.
Romero ajoute à ce scénario déjà visité par lui-même, la composante suivante : un des étudiants décide de filmer les évènements et de les rapporter fidèlement. Plus qu’un effet de style déjà utilisé par des confrères plus rapide que lui, on ne citera que les derniers en date « Cloverfield » et « Rec », Romero interroge l'efficacité et l’intérêt de l'image prise sur le vif et diffusée telle qu'elle.
Par la même occasion, il s’interroge sur le pouvoir des médias, dénonce la manipulation des images, le manque de points de vue variés d’un fait transformé en information, introduit cette nouvelle source d’informations qu’est le net où tout le monde peut diffusé ce qu’il veut à tout moment, sans censure mais sans garde fou non plus.


Malgré une volonté sous-jacente de mettre mal à l'aise le spectateur tant par le fond que par la forme et un savoir faire indéniable, ce nouvel opus déçoit quelque peu. Premièrement parce qu'il utilise un principe largement usité ces derniers temps, celui d'introduire la fiction comme un témoignage du réel. La pseudo théorisation d'un discours critique sur les médias ne réussit pas à combler cette perte de vitesse, d'autant plus quand le discours se fait bavard. Ensuite, ses personnages sont très caricaturaux, ainsi que les relations qu'ils entretiennent entre eux. Y trouver une confrontation  homme blanc - homme noir aussi classique incluant une mise en lumière grossière des préjugés qui peuvent l'entourer m'a un peu heurtée. Enfin, son manque d'hémoglobine semble le policer et le rend moins savoureux.


A dévorer des yeux quand même! Ecoutez les dialogues aussi car ils regorgent de jeux de mots et de double sens...


Etats-Unis, 2008. Réalisation : George A. Romero. Scénario : George A. Romero. Avec : Michelle Morgan, Shawn Roberts, Nick Alachiotis, Wes Craven, Joshua Close, Laura DeCarteret. Durée : 1h35mn.     

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Shin 15/07/2008 13:11

Bonjour,

Je suis content de lire des avis un peu plus positif sur ce film qui ne méritait pas tant d'acharnement comme j'ai pu le lire ici ou là.

Il comporte certains défauts regrettables (comme la voix-off, pesante) mais demeure riche en images fortes ("l'accident" sur la route, la piscine pleine de zombies, le final) et propose une réflexion intéressante sur la notion de spectateur.

Amicalement,

Shin.

Odicele 17/07/2008 20:25


Comme tu dis, des choses a prendre et d'autres a laisser!
j'ai ete legerement deçue par ce nouvel episode, malgre des qualites certaines... 


samom 09/07/2008 13:13

ah au contraire j'ai ADORE

Odicele 17/07/2008 20:33


j'aime mais j'ai ete un peu deçue.
Des qualites mais aussi quelques lourdeurs a mon gout.