Le Moine

Publié le par Odicele

le moineAu 17e siècle en Espagne, un moine dont les prêches sont respectés et admirés, régit avec ferveur et  fermeté le monastère qui l’a recueillit ainsi que la petite communauté alentours.

Guide spirituel intransigeant, la tentation semble ne pas avoir de prise sur lui, jusqu’à l’arrivée d’un novice.

 

"Le Moine" a une structure narrative très classique, qui s’apparente aux contes. Le décor est planté très rapidement, en quelques minutes et l’intrigue commence doucement jusqu’à s’accélérer.

L’histoire à l’allure de conte, devient inquiétante, des éléments disséminés par-ci par-là, nous tiennent en alerte. Quelque chose se dessine, quelque chose rode.

Le conte se transforme alors en thriller mais un thriller un peu particulier. Aucun crime n’est vraiment commis jusqu’à la fin. Il ne s’agit pas ici de découvrir qui a tué ou comment, mais plutôt d’observer la progression du mal jusqu’à la chute.

 

Qui dit religion et mal, dit bien aussi. Dans ce film, pas de doute, il s’agit bien d’une lutte, entre le bien et le mal. Lutte représentée à mon goût d’une manière trop manichéenne.

"Le Moine" aurait pu y gagner en profondeur et en émotion, en explorant un peu plus les chemins de la tentation plutôt que l’expédier en un concours de circonstances alambiquées.

De même, lorsque le moine, Frère Ambrosio, franchit la ligne de façon irrémédiable, les ressorts scénaristiques qui ont pour rôle de dramatiser son destin à son paroxysme, sont cousus de file blanc et ne servent la tension du film qu’en accablant davantage le personnage. Quand bien même ce destin dramatique lui confère une aura presque antique, cette dimension est superflue, flirtant avec le grotesque selon les sensibilités. L’enjeu le plus  intéressant à traiter me semblait la tentation et sa progression, l’ébranlement de certitudes et non pas les conséquences ou la réaction en chaine qui s’ensuit d’avoir succombé.

 

Dommage, "Le Moine" promet plus qu’il ne satisfait.

 

"Le Moine" se laisse quand même regarder avec sa panoplie d’acteurs convainquants qui évoluent dans des costumes sublimes et dans une lumière réussie. J’ai beaucoup apprécié le travail fait pour nuancer les extérieurs et les intérieurs, le jour et la nuit, l’éveil et le rêve.

 

France, Espagne, 2010. Réalisation : Dominik Moll. Scénario : Dominik Moll et Anne-Louise Trividic. Adaptation de l'oeuvre : roman de Matthieu G. Lewis. Avec : Vincent Cassel, Déborah François, Sergi Lopez, Joséphine Japy, . Durée : 1h41.  

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anne-Sophie 01/09/2011 23:22


Tu sembles bien déçue par ce film. J'avais envie de le voir car il s'agit d'une adaptation libre du Moine de Lewis. Du coup, j'ai l'impression de ne pas avoir manqué grand-chose. Tu as raison de
donner ton point de vue qu'il soit positif ou négatif. Les médias est toujours trop complaisante à l'égard de certains films...