Les Bien-Aimés

Publié le par Odicele

les-bien-copie-1.jpgCombien d'hivers pour un seul été ? Voici la question qui en dit long sur "Les Bien-Aimés".

 

Dans les années 70, Madeleine, jeune vendeuse de chaussures de luxe, se prostitue avec légèreté et insouciance pour arrondir ses fins de mois. Un jour, elle tombe éperdument amoureuse d'un de ses clients qui deviendra l'amour de sa vie, un amour passionné, compliqué mais indestructible. De cet amour naît une fille, Véra.

Véra, elle, grandit  avec le sentiment de n'être que le fruit de cet amour, d'en être que le témoin vivant, de ne pas avoir d'existence propre. Plus tard, elle cherche à son tour à aimer intensément et à être aimée.

 

Même si le film, comme on l'aura compris à la lecture du résumé, se focalise essentiellement autour des personnages de la mère et de la fille,  il fait la part belle aux personnages secondaires, ceux qui gravitent autour d'elles comme des abeilles. "Les Bien-Aimés", c'est l'histoire aussi de ceux-là, ces amoureux-transits, ces amis, ces compagnons d'une vie, qui ne sont pas malheureusement les élus du coeur mais qui tentent de se faire une place et qui s'accrochent à ce qu'on veut bien leur accorder. Aimer et ne pas l'être, raisonne pour eux comme un acte de bravoure.

 

"Les Bien-Aimés" est une comédie musicale dans la même veine que "Les Chansons d'Amour", même auteur pour les chansons qui la berce, Alex Beaupain. On aime ou pas ces moments d'aparté où le temps semble suspendu et dans lequel les personnages, parfois en duo, livrent leurs émotions. En ce qui me concerne, j'ai trouvé les textes moins bien écrits et intéressants que dans "Les chansons d'Amour". Si ce n'est un ou deux refrains entêtants, ils n'apportent pas plus au film, que d'être le symbole de la marque de fabrique du réalisateur, Christophe Honoré.

 

Du côté des Leitmotiv, Christophe Honoré renoue encore avec ses acteurs fétiches : Chiaria Mastroianni, Catherine Deneuve, Ludivine Sagnier, Louis Garrel; que j'ai retrouvés avec beaucoup de plaisir même si j'aimerais bien les voir dans la peau de personnages différents.

Le film est littéralement porté leur jeu, leur complicité et les variations qu'ils apportent à leurs précédents personnages, des sortes de jumeaux psychologiques, que Christophe Honoré a précédemment tourmentés. Christophe Honoré est l'un de ces cinéastes qui aiment à développer ces thèmes favoris d'un film à l'autre : les relations filiales, les amours impossibles, les attractions ambiguës, la légèreté des moeurs et le vague à l'âme.

 

Qu'il est difficile de se construire et d'être heureux aujourd'hui, dans une société où les moeurs ont beaucoup changé en très peu de temps, où les rôles de chacun sont flous, où les familles sont disloquées, où chacun s'essaye avec de nouvelles libertés sans trop savoir où il va et ce qui lui convient. Cette angoisse, ce questionnement sont ici assez bien abordés et contrairement à "Non ma fille, tu n'iras pas danser", ces thèmes sont plus aboutis.

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anne-Sophie 01/09/2011 23:15


Ton billet a titillé ma curiosité. Je connais très mal Honoré, hormis pour ses adaptations. J'aime beaucoup les comédies musicales qui ont souvent un côté kitch et décalé mais apportent bonne
humeur même si le sujet est grave. Je ne sais pas si je trouverais le temps d'aller voir ce film en tout cas, ce que tu en dis donne plutôt envie même si l'on comprend bien que Honoré tient un bon
filon.