[Rec]3 Génesis

Publié le par Odicele

rec3.jpgUn troisième opus à la série REC ne me tentait pas beaucoup sur le principe, le second opus ayant déjà perdu la fraicheur de la nouveauté du premier, je m'attendais à un épuisement total du filon. Etant une adepte des films de ce genre, je ne peux finalement résister à ma curiosité.

Qui a dit que la curiosité était un vilain défaut, je me le demande bien ?! « [Rec]3 Génesis » est une jolie surprise. Suite ou plutôt prologue, il se démarque des précédents par un style très différent, jusqu'à pouvoir en être dissocié.

 

Clara et Koldo se marient. C'est le plus beau jour de leur vie. Tout se passe comme prévu jusqu'au moment où l'un des convives saute à la gorge de sa femme. La fête vire alors au cauchemar. Une hystérie collective carnivore se propage à la vitesse du contact, transformant la foule en cannibales. Séparés dans la précipitation du sauve qui peut, Clara et Koldo font partis des rescapés qui tentent de survivre isolés dans la grande propriété qui a été choisie pour l'évènement. Chacun de leur côté, ils partent dans une croisade désespérée pour se retrouver.

Tout en utilisant des ingrédients identiques aux précédents opus comme la caméra amateur, le réalisme environnemental des protagonistes, le kit du mort vivant boitillant et sanguinaire, « [Rec]3 Génesis » se renouvelle en prenant de la distance avec son sujet aussi bien sur le fond que sur la forme. Il se libère peu à peu de ses codes et d’un ton convenu.

Tout d'abord, le scénario prend le temps d'installer le décor du film, son lieu, ses protagonistes, la psychologie des personnages, la temporalité effective et sociologique de la fiction. Ainsi la réaction des personnages confrontés aux évènements extraordinaires et terrifiants prendront une dimension moins mécanique.

Ensuite, même si la réalisation caméra amateur est toujours de mise au début, elle est petit à petit éclipsée par un second point de vue, plus professionnel puisque introduit par un cameraman engagé pour filmer le mariage, jusqu'à être abandonnée. En avançant dans la fiction, la réalisation se défait de ce parti pris. Elle semble moins contrainte, plus fluide.

Enfin, « [Rec]3 Génesis » s’affranchit du ton sérieux et documentaire des précédents en introduisant l’humour voire l’autodérision. Tout en maintenant le suspense et la peur, il s’offre des poses drôles et délirantes. En changeant ainsi de registre, il se comporte comme un grand huit dans lequel le passager-spectateur passe par des émotions diverses et parfois opposées, tant et si bien qu’il est tout le temps surpris. Il passe par exemple d’un échange d’un romantisme sirupeux à souhait à une irruption gore sans fard.

 

« [Rec]3 Génesis » ose des mélanges surprenants et jouissifs. Il s’amuse, nous fait rire, glace, s’offre des clins d’œil, fait des pieds de nez, effraie, caricature, sort les violons, tire la larme, la vraie, la fausse. Un vrai manège de fête foraine !

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