Spider-Man 3
Peter Parker a fort à faire dans ce 3e épisode de Spider-Man, pas moins de 4 méchants à combattre : son meilleur ami qui veut venger son père en utilisant l’armement militaire laissé derrière lui pour se transformer en guerrier volant, un criminel capable de toutes les transformations à la suite d’une radiation qui a fusionné ses cellules avec du sable, un organisme vivant venu de l’espace qui donne des pouvoirs extraordinaires et maléfiques à son hôte et enfin un journaliste reporter ambitieux.
C’est un peu beaucoup pour un seul homme, fût-il un super héros. C’est un peu trop aussi pour le spectateur qui malgré une durée de film de 2H19 regrettera un développement léger de chaque personnage. Malgré tout, les effets de surprise créés par quelques rebondissements accrochent l’intérêt. Pas le temps de s’installer dans la musique d’un scénario attendu, dont on devinerait les notes. Sam Raimi, le réalisateur, s’amuse à nous lancer sur plusieurs pistes. Et tel notre super héros, nous virevoltons de rebondissements en rebondissements, comme lui de gratte-ciel en gratte-ciel. Nos émotions miment ses déplacements, de haut en bas puis de bas en haut.
Les effets spéciaux sont remarquables et suivent l’évolution de l’ère numérique avec aisance. On regrettera une moyenne exploitation du personnage « homme-sable » qui suscite l’émerveillement à chaque séquence. La naissance de ce super méchant est de toute beauté. Spider-Man est plus agile que jamais et le spectateur le suit dans ses voltiges comme suspendu à son bras. C’est une réussite, que le 1er épisode nous avait fait toucher du doigt sans nous convaincre totalement.
Même si les affrontements successifs avec les 4 méchants offrent des scènes de combat jubilatoires pour les petits et grands, l’enjeu de cet épisode semble ailleurs, dans l’évolution psychologique de Peter Parker peut-être. Des questions toutes simples sont évoquées. Comment un super héros organise t-il sa vie privée ? Que fait-il de sa notoriété et de son pouvoir de séduction ? Le succès peut-il lui tourner la tête ? La gloire est en effet une sorte de déesse devant laquelle beaucoup s’incline.
Cette hésitation entre le bien et le mal, la simplicité et l’éclat, est au cœur du film. Ce vacillement habite tous les personnages à tour de rôle, il les traque jusqu’à les faire tomber, momentanément ou définitivement. En ce qui concerne Peter Parker, cela se traduit par un trouble de l’identité, proche de la crise d’adolescence et introduit des scènes comiques proches du loufoque. Notre timide mais néanmoins courageux héros se mue en dandy noceur qui oscille d’un point de vue vestimentaire entre le banquier et le gothique. Ses déhanchés et son sex-appeal révélé prêtent à rire et nous séduisent en même temps. Le petit Parker se cherche et devient un homme.
Spider-Man 3 amusera les petits et les grands enfants. Il n’a pas d’autres prétentions et y réussit très bien avec de gros moyens. Les promesses sont tenues : on y retrouve l’univers et les problématiques de la BD.
Pour ceux qui pourraient être offusqués par les quelques apparitions grandiloquentes du drapeau américain, prenez-le pour ce qu’il est, un élément du décor !
Etats-Unis, 2007. Réalisation : Sam Raimi. Avec : Tobey Maguire, Kirsten Dunst, James Franco, Thomas Eden Church, Brice Dallas Howard. Sortie le 1er mai.