Shrek le troisième
A priori, la version, pour un film d’animation importe peu puisque les personnages de dessins animés ont les voix qu’on leur donne. C’est donc une affaire de goût.
En ce qui me concerne, je suis allée voir la version originale et je l‘ai trouvée de très bonne qualité, d'un point de vue sonore, avec des acteurs qui s‘en donnent à cœur joie. On retrouve avec plaisir Antonio Banderas pour la voix du Chat Potté, Eddy Murphy pour celle de l’Ane et celle de Rupert Everett pour celle du Prince Charmant. On découvre celle de Justin Timberlake prêtant sa voix à celle du jeune Roi Arthur et interprétant avec justesse l’adolescent mal dans sa peau.
On retrouve également dans cet épisode les petits personnages des précédents qui ont participé à leur succès : Pinocchio, le bonhomme en pain d’épice, les trois petits cochons. Une des séquences les plus drôles du film leur est due.
De nouveaux personnages font leur apparition. D’un côté, nous avons les femmes des contes de fée telles que Cendrillon, Blanche Neige, la Belle au Bois Dormant, Raiponce et de l’autre, les hommes de l’univers des chevaliers de la Table Ronde tels que le Roi Arthur, Merlin l’enchanteur et Lancelot. D’un côté, les femmes courageuses et inventives, de l’autre les hommes craintifs et un peu nigots. Les rôles sont inversés, ce sont les femmes qui volent au secours des hommes.
J’ai regretté un foisonnement trop important de personnages secondaires sans qu‘ils aient été développés.
Par exemple, il est dommage de voir un personnage tel que Raiponce (Rapunzel) apparaître sans l’exploiter davantage. D’abord, parce que c’est un personnage dont on parle que très rarement. Par conséquent le mettre en lumière pourrait être intéressant. Ensuite il offre de part ses caractéristiques des possibilités dramatiques certains.
Puisque les scénaristes ont choisis d’associer l’univers des contes à celui des Chevaliers de la Table Ronde, cet autre univers aurait mériter qu’ils s’y arrêtent un peu plus. Au lieu de ça, ils ont mis l’accent sur le monde de l’école, des enfants et des adolescents. Comme si cela ne suffisait pas, ils y ont introduit des éléments modernes et anachroniques comme le skateboard, la pom-pom-girl… Cette parodie de l’adolescence moderne est juste et drôle. Le problème réside dans de trop longues séquences, hors de propos, qui n’apportent rien au scénario, si ce n’est une suite de sketches. Ce regard psycho-sociologique est très intéressant en revanche pour expliquer les soucis de communication entre Shrek et Arthie (jeune Roi Arthur) et nous faire rire.
En ce qui me concerne, ce troisième épisode est décevant. On s’ennui un peu et on ne rit pas tant que ça !
La suite est un genre « Casse-gueule » et surtout économique, il faut bien le dire.
Les qualités subversives du premier épisode se sont diluées dans une intrigue à deux problématiques, « Trouver un Roi au royaume Fort Fort lointain » et « Shrek va être papa », dans une foison de personnages secondaires non exploités et dans un ton changeant. En bref, il n’y pas assez d’unité. Avec le même film, les scénaristes auraient pu faire deux épisodes distincts.
Etats-Unis, 2007. Réalisation : Chris Miller et Raman Hui. Avec : Alain Chabat, Med Hondo, Barbara Tissier pour les voix françaises et Mike Myers, Eddie Murphy, Cameron Diaz, Antonio Banderas, John Cleese, Justin Timberlake, Rupert Everett pour les voix originales. Durée : 1h33mn.