Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street
La sortie d'un film de Tim Burton crée toujours un évènement. Comme tout fan, je n'ai pas pu résister à l'envie de voir sa dernière réalisation, ses univers et son esthétisme étant sources de curiosité et de plaisir.
J'y suis allée sans avoir lu de critiques, ni même m'être renseignée sur l'histoire et le genre proposés.
J'avais quelques appréhensions parce que le peu d'extraits vus ne m'avaient pas enchantée, l'univers entr'aperçu me paru exagéremment sombre et froid. Et puis j'avais entendu dire que Johnny Depp, l'acteur principal que nous connaissons tous, s'était mis à la chanson pour les besoins du film.
Ma surprise a été grande quand j'ai découvert une comédie musicale dramatique. En effet, "Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street" est l'adapatation d'une comédie musicale éponyme, crée en 1979 d'après une pièce originelle datant du 19e siècle. J'avoue ne pas avoir accroché avec la mise en scène de Tim Burton, qui consiste à faire chanter les comédiens à la place de les faire dialoguer sans liants. Attention, je tiens à préciser que j'aime les comédies musicales, il se trouve que pour moi ici la mayonnaise, comme on dit, ne prend pas. Les chansons comme les mélodies sont monotones et insipides. Elles n'apportent rien à la fiction, si ce n'est l'ennui et l'agacement. Elles alourdissent l'action et n'apportent pas le lyrisme escompté. Peu d'émotions passent et j'ai senti les comédiens pas toujours très à l'aise avec un jeu qui oscille entre l'emphase et la réserve. Est-ce du à une faiblesse des comédiens, de la mise en scène ou des textes, si je n'ai pas apprécié les parties chantées, je ne sais pas très bien ?
Le moment le plus réussi de cet exercice de style est la séquence ou le garçon adopté par Mme Lovett, interprétée par Helena Bonham Carter, lui fait une déclaration d'amour filial et qu'elle y répond avec une touchante tendresse.
Esthétiquement et techniquement, ce film est comme les précédents, beau, intéressant et racé si je puis dire. Rien que pour ces qualités, il ne faut pas vous priver de vous faire votre propre opinion.
Attention âmes sensibles que la vue du sang rebute, même si la photo et les effets spéciaux atténus le côté très gore de nombreuses scènes, ça gicle de partout ! Je me demande si Tim Burton n'a pas emprunté quelques trucs à Quentin Tarentino, s'il ne s'est pas inspiré notemment de "Kill Bill", pour mettre en scène la vengeance, la folie bornée qu'elle implique et aussi son exaltation sanguinaire.
"Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street" est une fable noir, d'un noir assez vertigineux, peut-être un peu inhabituel pour un réalisateur qui réussit habituellement à nous enchanter avec les ténébres. Cette fable n'est pas destiné en effet aux enfants de moins de 12 ans, je confirme.
Etats-Unis, 2OO7. Réalisation : Tim Burton. Scénariste : John Logan. Avec : Johnny Depp, Helena Bonham Carter, Alan Rickman, Ed Sanders, Timothy Spall. Durée : 1h55mn.